Groupes Festivals du Sud en 2020

Grand ballet Argentino du Argentine

Investi par les pionniers à cheval appelés gauchos, le pays le plus au sud du monde avec le Chili, s’étend sur près de quatre mille kilomètres, depuis les touffeurs tropicales de la province de Misiones, au nord, jusqu’aux solitudes glacées de la terre de feu. Sur cet immense territoire on trouve à peine trente millions d’hommes dont le tiers habite dans la capitale, Buenos Aires.

Il y a deux mondes en Argentine. Le premier, couvert de zones de montagne dont l’Aconcagua à plus de six mille mètres, et de vastes plaines et plateaux qui progressivement s’élèvent jusqu’à la cordillère des Andes. Cette chaîne constitue une barrière infranchissable avec le Chili. Ces sommets donnent naissance à quelques sites dont le plus majestueux est celui des chutes d’Iguaçu qui se trouvent au point de rencontre du Brésil, du Paraguay et de l’Argentine. Le second, constitue la zone de la Pampa. Une immensité de terres plates comme le dos d’une main recouverte d’une herbe rase que peuple une population de cavaliers et qui se perd au sud dans une sorte de vide sidéral, parsemé de quelques noyaux urbains.

Dans la « géographie folle » de cet immense triangle, tête en bas, et grand comme la moitié de l’Europe, qui s’aligne des Tropiques à la Terre de feu, l’extrême variété des climats permet de trouver, quel que soit la saison, des paysages étonnants.

Cette géographie éveille chez les Argentins le vertige d’une nation sans limites. Après quatre siècles d’histoire, l’Argentine est toujours à la poursuite de son unité. Elle se proclamerait volontiers « seul pays blanc au sud du Canada ». Ce serait laisser pour compte ces hommes du nord aux yeux bridés, au teint foncé, aux cheveux en baguettes de tambour, et l’allure proprement bolivienne des Indiennes coiffées d’étranges petits chapeaux melons noirs, la taille prise par quatre ou cinq jupons superposés. On ne peut oublier non plus les vigognes et les lamas, les uns et les autres inséparables de la plainte aiguë, sautillante et mélancolique des « carnavalitos », où la population indienne a intégré le christianisme espagnol aux adorations solaires de son propre univers.

L’autre face de l’Argentine, c’est la vie et l’étrange mélancolie qui donna naissance un jour au tango. Les « porteños », habitants de Buenos Aires, ont inventé un art de vie unique qui s’organise autour de multiples pause-café. En leur compagnie on ne sait quand se termine la conversation et où commencent la littérature et le tango. Cette musique plaintive, qui regrette toutes les choses qu’on aimait, trouve son origine dans les bouges du port et dans la fumée âcre des cigarettes. Ici a fait souche une population d’émigrés venue le plus souvent des pays méditerranéens, refoulée jusque-là par une sorte de marée triste qui est celle de l’ennui et de l’échec.

Alors, s’est installé ce vague à l’âme dont on dit aujourd’hui qu’il est inséparable de l’Argentine. Sur les ports chantent les violons et les bandonéons, même si pour dépasser cette misère, la vie dans les cafés est indispensable au « porteño ». Il y cultive son goût d’un chic fantôme, celui d’une Europe imaginée depuis les antipodes. Entre montagnes glacées et touffeur glauque des ports se pose la question de comment être Argentin. La culture constitue alors le dernier rempart contre le chaos. C’est tout le défi du spectacle du Gran Ballet Argentino de Miguel Angel TAPIA.

Ensemble "Ballet Folklorique d'Amazonie"

Le Brésil, c’est d’abord un paysage qui déteint sur les traditions, les hommes, leurs croyances et leurs manières de vivre. Le ballet que nous recevons vient de l’Amazonie. Il est le symbole culturel de sa capitale, Bélen. Il est issu d’un mélange de terres et de climats qui entraîne naturellement un incroyable mélange de races, de couleurs et de traditions.

L’Amazonie, que danse et chante son ballet folklorique, a épousé la culture indienne que l’on retrouve dans les plumes multicolores des costumes et aussi dans des danses guerrières, des rondes primaires qui précédaient toutes expéditions de chasse et toutes guerres tribales. Bien sûr, les Indiens sortent toujours leurs « preaca » mais c’est pour simuler seulement la guerre ou la défense. Ils se sont fondus dans la population mais ils n’ont pas oublié le temps d’avant la Transamazonienne, une époque où cette région était l’une des plus isolée du monde.

Ce pays a attiré très vite les Portugais qui ont su utiliser les zones d’immenses plateaux davantage situés à l’est, où l’élevage a donné un véritable peuple de gauchos. De la conquête, ils ont gardé capes et épées comme au plus beau temps de la colonisation. Et les danses expriment leur goût de l’aventure.

Sous la chaleur humide, tout au moins pour une partie, cette région a accueilli des noirs qui y ont imposé leurs rythmes et leurs musiques, tout en retrouvant une liberté qu’on leur refusait ailleurs. C’est l’autre influence fondamentale du spectacle.

Mais aucune de ces composantes n’a oublié sa religion. Il en découle un extraordinaire foisonnement de rythmes et de costumes où le paganisme indien, l’animisme noir et le catholicisme toujours très vivant des Portugais se retrouvent dans des carnavals de huit semaines et dans des fêtes de la naissance de l’enfant Jésus qui occupent un mois entier. Et chacun, à sa manière, a trouvé le moyen d’adapter la naissance du « Roi » que viennent visiter trois rois mages : l’un de cape et d’épée, l’autre du plus beau noir et le troisième, couvert de plumes amazoniennes comme un authentique perroquet.

Il y a aussi dans ce Brésil de tous les saints, la région du « sertao », celle du nord-est, la plus sèche. Il faut y être bandit pour survivre. Les braves gens, eux, émigrent chaque année vers des régions plus humides. Mais cette tradition alimente aussi le spectacle de ses contradictions.

C’est un Brésil nouveau, emplumé, marqué de son caractère afro-indo-brésilien que nous allons découvrir dans sa forme native. Comme l’est encore cette nation où tout est à découvrir, du sous-sol au ciel, où les diamants de la terre se reflètent dans les étoiles de la nuit claire.

Ensemble Folklorique "Les Lauriers Roses"

Au sud du Surinam et au nord du Brésil, la Guyane est une région française située sur le continent sud-américain. C’est la deuxième plus grande région de France en taille, mais elle est peu peuplée. Cette terre, habitée depuis cinq mille avant notre ère, a été colonisée par la France au XVIIème siècle.

La Guyane française déploie sa nature sauvage et exubérante. Presque entièrement recouverte par la forêt amazonienne, c’est un territoire où s’épanouit une faune et une flore extrêmement riches. Terre sacrée pour les uns, « enfer vert » pour les autres, la Guyane Française ne laisse pas indifférent et alimente même une riche mythologie. C’est le pays où se situerait une partie de l’eldorado, cette contrée mythique rapportée par les populations indiennes et traquée sans répit par les conquistadores espagnols. La Guyane Française est un trésor naturel où le mot aventure prend tout son sens…

Chaque peuple est, sur cette terre, très attaché à son identité qui se manifeste par un corpus de règles et de coutumes. Lorsque le voyageur arrive dans une communauté autochtone, qu’elle soit amérindienne ou bushinengué, il doit montrer son respect. Chaque groupe pratique son idiome et perpétue ses traditions : organisation clanique, respect du culte des ancêtres et croyance dans les esprits. La diversité ethnique alliée à l’isolement des communautés a garanti la perpétuation d’un folklore encore très puissant.

L’Ensemble folklorique « les Lauriers roses » témoigne de cette richesse culturelle. Il a été créé à l’occasion de la venue du Général DE GAULLE, en 1964, à Cayenne et afin de lui présenter les arts et traditions populaires du territoire. Le groupe a pour but de diffuser le folklore guyanais, d’assurer la promotion des traditions dans le monde. Il s’est produit sur tous les continents.

Il existe, en Guyane, sept différents types de rythme folklorique créole guyanais qui sont le kaséko, le grajé, le kamougué, le lérol, le débot, le grajé vals, le béliya. Ces différents rythmes sont joués à l’aide de tambour. Pour le grajé, il y aura les tambourins, pour le kasékò, les « ti-bois » seront ajoutés. Ils sont accompagnés de chants. La plupart d’entre eux ont été inventés par des femmes qui avaient des conflits avec d’autres femmes. Si une d’entre elles faisait une chanson pour un autre, celle-ci lui répondait à son tour avec une chanson et cela pouvait continuer un long moment.

Toutes ces traditions culminent à l’occasion du carnaval qui est la grande fête populaire guyanaise. Le « Touloulou » est le plus célèbre de ses personnages. C’est une dame habillée de manière élégante de la tête aux pieds. Elle porte un jupon, une cagoule, un loup et des longs gants, afin que l’on ne voie pas un centimètre de peau. Le but est que la femme se déguisant en « Touloulou » ne soit pas reconnue.

Avec l’Ensemble folklorique « les Lauriers roses », vous découvrirez des lieux de légende et les traditions d’un petit bout de territoire pas tout à fait américain et encore tellement français !

Ensemble Folklorique "Taka Iki"

Encadrées par d’immenses falaises, les Iles Marquises, îlots au cœur de l’immense Pacifique, alternent des plages de sable noir et des baies tranquilles. Parmi les luxuriants paysages boisés, la nature est brute et son charme très puissant. L’Ensemble folklorique « Taka Iki » nous vient de ces terres d’une beauté mystérieuse.

Il fallut attendre 1842 pour que MELVILLE, un marin qui essayait de fuir un bateau où il était persécuté, débarque sur une île réputée impénétrable. Après un long périple seul, il y fut accueilli par le clan des Taipi qu’il prenait pour des cannibales. Ils l’ont non seulement soigné mais ils l’ont introduit dans leur communauté inconnue. Il est le premier Européen de tous les temps à avoir vécu avec une tribu marquisienne mais ne fut pas le dernier.

La tradition d’accueil des Marquisiens était établie. GAUGUIN et BREL suivirent en quête de paix intérieure. Personne ne sait s’ils l’ont trouvé mais tous les matins à mesure que le soleil se lève, ils ont admiré une lumière à couper le souffle qui inspire la paix et le repos. Sur ces îles, ils ont touché l’éternité et GAUGUIN construisit la « maison du jouir ».

L’Ensemble folklorique « Taka Iki » s’inspire dans son spectacle, comme GAUGUIN dans ses peintures et BREL dans ses chansons, de la vie quotidienne des insulaires mais aussi des légendes et des traditions religieuses les plus anciennes.

Dans la danse et les rythmes, les Marquisiens donnent la parole au « Mana » l’appelant à sortir de la mer, à descendre des collines et faire rayonner l’âme de chaque homme et femme qui tombent sous son charme fascinant. Le « Mana » vit, s’anime, se soulève, ennoblit et transcende tout, chaque être, chaque élément dans chaque dimension. Il peut aussi anéantir, ruiner et détruire jusqu’à la dernière vibration vitale. Le « Mana » est séduisant, enchanteur, glamour, pénétrant, fascinant… Il est aussi effrayant, dangereux et consommant toutes les forces des artistes.

La danse et la musique célèbrent la formidable résilience de la culture polynésienne pour maintenir les expressions sacrées de leur vie. Dans les temps anciens, les danses étaient liées à tous les aspects de la vie, elles étaient destinées à accueillir un visiteur, prier, défier un ennemi ou séduire un camarade.

Celles d’aujourd’hui sont un symbole puissant de la culture des Marquises au son des voix harmoniques, des tonnerres de tambours traditionnels et des chants plaintifs accompagnés des coquilles de conque. Les premiers Polynésiens avaient baptisé les lieux « Te Fenua Enata » c’est-à-dire la terre des hommes.

Avec l’Ensemble folklorique « Taka Iki », nous allons à la rencontre d’une terre mystèrieuse où les alizés ont porté des aventuriers, des peintres flibustiers et des chanteurs aux semelles de vent.

Le voyage est long vers les Marquises mais le paradis est proche grâce aux danses et chants de l’Ensemble folklorique « Taka Iki ».

Ensemble Folklorique “Adsolutely Legless”

Forte de son entrée dans l’Union européenne en 1973, la République d’Irlande, dont près d’un tiers de la population vit à Dublin, est devenue un tigre celtique doté d’une économie moderne et de haute technologie alors qu’elle était une société majoritairement agricole.

L’intérieur de ses terres est principalement composé de plaines avec ici et là des collines, et de grandes régions de marais, de tourbières, de rivières et de lacs. L’ouest est bordé par un massif montagneux côtier dont certains sommets dépassent mille mètres. Au sud-ouest, les falaises de Mohair s’ouvrent sur l’océan Atlantique. Plus au nord, les îles d’Aran font face à la Baie de Galway. A l’est du pays, au nord de Dublin, le rivage est assez plat. Mais tout autour de l’île s’étendent de nombreuses plages de sable fin.

Au VIe siècle avant Jésus Christ, les Celtes vont imposer la civilisation laténienne. C’est une société parfaitement organisée en clans et parlant le gaélique, dans lequel les premiers poètes composent chants et légendes qui constituent le patrimoine autochtone. Leur civilisation va durer près de mille ans. La structure de cette société est composée de druides, de bardes et de vates. Les druides ont en charge la religion, le sacrifice, la justice, l’enseignement, la poésie, la divination. Les bardes sont spécialisés dans la poésie orale et chantée, et doivent faire la louange, la satire ou le blâme. Les vates sont des devins qui se consacrent plus particulièrement à la divination et à la médecine. La christianisation de l’Irlande marque la fin de cette civilisation, du moins en ce qui concerne sa mythologie, car la structure de la société s’est maintenue avec une classe sacerdotale prédominante.

Même si l’histoire de l’Irlande a connu conflits et chaos, l’amour de la musique, de la danse et du conte est toujours resté indissociable de ses habitants. Terre des saints et des hommes de lettres, l’Irlande a vu naître bon nombre d’écrivains anglophones célèbres dont YEATS, JOYCE, BECKETT, WILDE ou SHAW et de nombreux groupes folkloriques font perdurer encore les traditions.

Le groupe irlandais traditionnel « Absolutely Legless », formé en 1997 par des danseurs et musiciens à Edimbourg, s’est inspiré des traditions de danses de claquettes. Ils exécutent celles-ci tout en restant fidèles à leurs racines. Les danseurs combinent à la fois la grâce des claquettes douces avec la puissance et la précision rythmique des claquettes dures afin de révéler au public une expérience vraiment grisante.

La musique de l’orchestre reflète cette même approche en tissant des mélodies évocatrices accompagnées de violons, de flûtes et de guitares. L’ensemble danse en solo ou en groupe, donnant ainsi à son auditoire l’occasion d’éprouver la précision de la marche, combinée avec les mouvements d’entrelacement gracieux des mains afin de produire un spectacle vraiment stimulant.

Cette combinaison de l’énergie des danseurs et des rythmes celtiques de l’orchestre enthousiasme à chaque fois les spectateurs.

Ensemble Folklorique National "Eigunychin"

Ce pays étrange, bâti sur la glace, semble « perdu » sur les cartes de géographie, tout au bout de la Sibérie entre la mer d’Okhotsk et de Béring. Dans ce royaume de steppe et de glace, une partie décisive du jeu politique se joue. En face de l’Amérique les volcans du Kamtchatka surveillent un océan stratégique. En Extrême-Orient l’ultime frontière russe est balafrée par deux chaînes de montagnes volcaniques dont l’activité est permanente. Les habitants indigènes du Kamtchatka sont des pêcheurs (saumon, phoque, baleine blanche) organisés en clans matrilinéaires et chamanistes (culte des forces de la nature).

Ce peuple, au nom de rêve et de froid, a longtemps été oublié par l’histoire. Il s’agit pour lui de survivre à tout prix. A l’origine, cette population vient d’une région située quelque part entre l’Asie centrale et la Mongolie. De là, vers 15 000 avant Jésus Christ, profitant des redoux qui ont émaillé la fin de la longue époque glaciaire, une première vague d’hommes préhistoriques avait émigré vers le nord-est de l’Asie, le « pont de Béring ». Depuis, piégés par une histoire récente qui a porté atteinte à leur culture et à leur savoir-faire, étranglés par la crise de la Russie qui les oblige à se débrouiller avec les moyens du bord, défient l’avenir : ces habitants veulent vivre comme avant.

Parmi ces peuples, les habitants du nord du Kamtchatka qui composent l’Ensemble folklorique national « Eigunychvin », ont fondé de nouveaux campements authentiques et différents du mode de vie que l’on a essayé de leur imposer lors de la période soviétique. Ils retrouvent ainsi les clés de cette culture que les anthropologues disent de « subsistance », qui fait de la survie dans des conditions extrêmes un remarquable art de vivre. Ainsi, la mémoire des anciens longtemps ignorée renaît au quotidien. Ils vivent à dix heures de traineaux emportés par des rênes, de la ville de Petropavlovsk en Russie, puis à neuf heures d’avion de Moscou.

Depuis 1994, année de sa création par Madame Svetlana BELIAEVA et Monsieur Serguei KUTYNKAVAV, « Eigunychvin » fait revivre les fêtes d’autrefois. Les jeunes filles portent des robes aux motifs mandchous mais cousues dans de la peau. Par la danse les jeunes renouent avec une mémoire. Les danseurs imitent la nature. Leurs danses célèbrent la vie : l’attaque d’un ours, la chasse à la baleine, la naissance d’un enfant, la beauté de l’amour et de la toundra, en particulier dans la danse du « gaga », l’oiseau sacré qui plongea dans la mer et en ramena la terre. Ces danses, comme des prières, sont régies par des codes symboliques. Les danseurs vêtus d’un manteau ou d’une robe en peau de renne et chaussés des « torbosa », bottes traditionnelles avec des semelles de phoque, évoluent au rythme des tambours. Parfois un accordéon jette un pont entre la tradition et un début de modernité.

Juchés sur l’arrondi du pôle nord, les Koriaks communiquent toujours avec les esprits par la danse et la musique. Pendant ce temps, les rennes vénérés par les hommes recherchent inlassablement leurs lichens et leurs mousses sous la neige. Sur cette terre l’humanité est rude.

La foi des chamans aide les hommes à poursuivre leur long chemin sur la neige.

Ensemble Folklorique "Macuilxóchitl"

Que dire de nouveau sur le Mexique ? C’est un pays qui est dans le cœur de tous les spectateurs parce que ses rythmes, ses chansons, ses danses symbolisent tout simplement ce que l’on attend d’un spectacle populaire. C’est-à-dire de la passion, du talent, des costumes qui sont autant de régals pour les yeux.

C’est un pays de très vieille civilisation qui a été traversé du nord au sud par une multitude de peuples ou de tribus, dont chacune a trouvé à se loger quelque part et a laissé des traces indélébiles de sa culture. Si bien que ce pays est devenu une mosaïque de peuples mais aussi de danses, de musiques et de monuments. Lorsque l’on sait que les premiers occupants étaient déjà sur cette terre au début de l’ère chrétienne et que se superposèrent à ces acquis les influences, au XVème siècle, des espagnols venus mêler leur propre culture à celles qui existaient déjà, on comprend alors mieux qu’une telle diversité d’origines, un tel mélange de rythmes et de talents aient donné un pays qui chante et qui danse tout le temps. Le Mexique est un pays aux mille facettes qui surprend et qui ne peut laisser indifférent.

La danse au Mexique est le résultat de plusieurs processus de métissage par lesquels est passé le pays depuis la conquête jusqu’à notre époque moderne. Elle est reconnue mondialement comme synonyme de magnificence et de splendeur. La danse mexicaine avait une fonction très spécifique autrefois. Elle fut le moyen d’évangéliser les indigènes et de leur approprier la vision européenne de la vie.

L’Ensemble folklorique « Macuilxóchitl » de San Luis Potosi a travaillé avec ardeur à un répertoire qui retrace la richesse des arts et traditions populaires de ce pays. Il a épinglé à son programme des danses originales et particulièrement spectaculaires pour que les retrouvailles soient une véritable fête.

C’est un ensemble extraordinaire de rythme et de talent dirigé de main de maître, si l’on peut dire, par Madame Maria Teresa del Refugio ARREDONDO CASTILLO qui a créé en 1983, ce qui est devenu au Mexique, une institution enviée par bien des états du pays. Le groupe passera en revue les principaux états de ce pays dont chacun est différent dans ses danses, ses musiques et ses costumes. Si bien que celui-ci emporte avec lui plus d’une tonne d’accessoires et de matériel de scène.

Et dans cette aventure, que deviennent les « Mariachis » ? Ils sont douze et constituent un orchestre qui a déjà accompagné le groupe dans au moins deux de nos tournées dans le passé. Chansons révolutionnaires ou amoureuses, personne ne reste insensible à leur charme qui fait de la révolution un joyeux moment d‘histoire et de l’amour la préoccupation principale des mexicains.

Nous aimerons de nouveau ce superbe ensemble. Et une fois de plus, nous nous laisserons aller au charme séduisant de ce peuple et de ce groupe.

Compagne de Danse "Matola"

L’océan Indien borde le Mozambique et lui offre de longues plages de sable blanc, ombragées et mystérieuses. Ici, dans des paysages à couper le souffle, l’aventure est partout car ce pays est méconnu. En 1992, cette enclave lusophone, ancienne colonie portugaise au sud-est du continent africain, est sorti d’une guerre civile de plus de seize ans. Les plaies sont vives dans une population qui se réconcilie peu à peu avec ses racines et une culture forgée par une place stratégique dans cette partie de l’Afrique.

Le Mozambique est au carrefour de civilisations bantoues, arabes, indiennes et européennes. Il en naît des arts et traditions populaires originaux qui invitent à la rêverie et au voyage sur les pistes africaines. Le folklore de ce pays est comme ses paysages variés : terre rouge, bush, huttes, villages traditionnels et marchés colorés.

La Compagnie de danses « Matola », qui dépend de la ville dont elle porte le nom, raconte cette histoire et ces traditions. La danse et la musique sont omniprésentes et font partie intégrante de la vie quotidienne. Longtemps, les arts populaires ont servi à dénoncer le colonialisme, les chorégraphies se moquant à l’époque des comportements des blancs portugais ou de l’Afrique du sud proche. On retrouvera dans le répertoire du groupe des danses réputées comme le « mapico », la danse traditionnelle des Makondes, qui est un rite d’initiation. Le danseur porte le masque du « mapico » (le lipico), qui est caché aux femmes jusqu’au jour de la cérémonie, et se retrouve en état de transe au son des tam-tams. Ici tout est mélange entre la croyance en des dieux mystérieux et vie quotidienne.

Au Mozambique, la musique est partout et à tous les âges de la vie, accompagnant l’enfant sur le dos de sa mère ou les morts lors des funérailles. Elle est traditionnellement une manière d’exprimer les sentiments ou d’accompagner les grands événements et elle se mêle aux danses ou aux chants. La Compagnie de danses « Matola » dispose d’un orchestre reconnu composé d’instruments traditionnels à vent (comme le « chigovia », fabriqué à partir d’un fruit arrondi, ou le « mpundu », une trompette faite à partir de corne d’antilope), d’instruments à cordes (le « bendi », composé d’un tambour de bois creusé recouvert de peau d’animal, ou le « chipendane », composé d’un arc, d’un fil de fer et d’un archet), de hochets souvent faits de roseaux et des xylophones composés de deux troncs de bois sur lesquels sont assemblées des tablettes. On danse souvent dans les villages la « marrabenta » une musique et une danse répétitives très rythmées, destinées au mouvement.

Le poète Jorge REBELON disait de son pays qu’« un suave présage de mystère est lentement descendu sur les choses et les êtres… ».

C’est de cette terre ocre et fertile, qui contraste avec l’azur translucide de l’océan Indien et le vert immaculé de la savane, que les danses guerrières, les masques ancestraux, les rituels de fécondité de la Compagnie de danses « Matola » racontent l’histoire passionnée, souvent tragique, d’un peuple encore imprégné des mystères de l’origine.

Ensemble Folklorique National "Sabo"

L’Asie centrale est une des régions du monde où les peuples se sont les plus mêlés. Le territoire actuel de l’Ouzbékistan a servi de lieu d’échanges. Il était le carrefour des grandes routes de la soie qui reliaient l’Europe à la Chine, via les oasis de Kokand, de Samarkand et de Boukhara.

Durant l’antiquité, les Ouzbeks entretenaient des relations commerciales et culturelles avec les peuples de Chine, d’Inde, d’Iran, des pays Arabes, de la Méditerranée, de l’Europe orientale, du Caucase et de la Sibérie. Ils étaient le centre du monde et surtout au cœur du plus formidable brassage culturel qui n’ait jamais existé.

Successivement, cette région va connaître les influences d’Alexandre Le Grand, de la culture grecque, de la Turquie, qui à partir de cinq cents ans après Jésus-Christ devient le grand potentat régional et enfin de l’Islam puisque les Arabes s’y installent à la fin du VIIe siècle. L’Ensemble folklorique national « Sabo » rend compte de cette grande variété culturelle. Son spectacle est un voyage sur la route de la soie, à la rencontre de civilisations.

La musique ouzbek se caractérise par une grande variété des genres. On peut diviser les chansons et les musiques en deux groupes. Celles exécutées à l’occasion de moments précis de la vie en société et celles improvisées. Au premier groupe, se rapportent les chansons liées aux rites, au travail, aux cérémonies ou aux jeux qui marquent le calendrier ouzbek.

La musique ouzbek est connue pour ses chansons traditionnelles dites « kochouk ». Composées de petits couplets, poétiques, elles racontent la vie quotidienne mais aussi l’actualité d’un village.

Dans la tradition de ce pays, les danseurs dialoguent en permanence avec l’orchestre et les chanteurs. Les danses sont très différentes d’une région à l’autre de l’Ouzbékistan. Celles de la zone de Fergana se distinguent par l’aisance et l’éloquence des mouvements. Le pas y est facile et glissant, les mouvements sont originaux et s’exécutent en cercle. A Khoresm et Boukhara, on danse avec des percussions appelées « kayrakam ». L’Ensemble folklorique national « Sabo » présente plusieurs dizaines de tableaux qui rendent compte de l’extrême richesse et diversité de ces arts et traditions populaires.

Grâce à la route de la soie le monde a changé. Les influences orientales se transposèrent à l’ouest et vice versa. Dans les lumières de l’Orient, l’Ensemble folklorique national « Sabo » nous invite à un voyage extraordinaire et nous fera comprendre comment l’Orient et l’Occident s’unirent en Ouzbékistan.

Ballet Folklorique "Ritmos y Raíces Panameñas"

Entre Pacifique et Caraïbes, le canal de Panama s’étire sur quatre-vingt kilomètres. Trente ans de travaux, des milliers de morts, un scandale financier, le bouleversement d’un écosystème : le canal a coûté cher. Un conquistador, Vasco NUNEZ DE BALBOA, découvre en 1513 une mer intérieure, l’isthme de Panama. Après l’ouverture de deux chemins muletiers entre les côtes caraïbe et pacifique, les Espagnols envisagent de percer l’isthme. Mais le roi Philippe II tranche : « L’homme ne réunira pas ce que Dieu a voulu séparer ». En 1879, un congrès international choisit le projet du Français Ferdinand DE LESSEPS qui vient de réaliser le canal de Suez. Les travaux débutent en janvier 1882, après seulement six mois d’études de terrain, mais ils devront être interrompus en 1903 lorsque Panama devient indépendant.

Les Américains obtiennent du nouvel état une concession éternelle pour le canal. Le 15 août 1914, le vapeur « SS Ancón » effectue la première traversée entre les deux océans. Depuis, près de 800 000 navires sont passés par le canal. Le 31 décembre 1999, après un siècle de tutelle, les Etats-Unis restituent aux Panaméens le célèbre canal, ainsi que sa zone.

Croire que les bateaux occupent à eux seuls l’ensemble de l’isthme serait une erreur. Un passé millénaire ressurgit avec la présence de tribus indigènes, dont les Cunas qui occupent cette région. Sur le flan caraïbe du canal, un archipel d’îles minuscules, San Blas, regroupe une trentaine de milliers d’indiens. Pêcheurs et artisans, les Cunas boudent « les bienfaits de la civilisation » pour préserver leurs traditions. Ils subsistent grâce aux cultures vivrières : riz, maïs et pêche. C’est à bord des « cayucos », barques taillées dans un tronc de cocotier, que les hommes tentent d’attraper assez de poissons pour survivre. Ces peuples îliens restent farouchement attachés à leur terre alors que des millions de tonnes de navires frôlent leurs minuscules embarcations.

La culture panaméenne est un mélange de traditions espagnoles, africaines, amérindiennes et nord-américaines. Le carnaval, qui se tient pendant les quatre jours précédant le carême, est l’occasion de faire revivre ces traditions populaires. On y danse notamment le « tamborito », accompagné de claquements de mains et de tambours, et la « cumbia » qui est d’origine africaine.

Ce bras de mer est aussi le point d’encrage d’une foule cosmopolite, souvent aventureuse, qui vient s’échouer dans les estaminets. Des « bouges de mala muerte » : c’est ainsi que l’on nomme les lieux de beuverie que l’on trouve à Panama Ciudad, entre le marché aux poissons, au pied du Casco Viejo et le quartier chinois. A l’intérieur de ces « cantinas », l’ambiance reste bon enfant.

Le 31 décembre 1999, après un siècle de tutelle, les Etats-Unis restituent aux Panaméens le célèbre canal ainsi que sa zone. Panama a retrouvé sa fierté et peut enfin danser et chanter une culture originale, faîte d’un véritable mélange de traditions au cœur de l’Amérique centrale. Le Ballet folklorique « Ritmos y raices panamenas » en est son ambassadeur le plus célèbre dans le monde.

Ensemble Folklorique "Bayram"

Le Bachkortostan est depuis 1992 une république constitutive de la Fédération de Russie. Elle a pris la suite de la république socialiste soviétique autonome des Bachkirs ou de Bachkirie, créée le 23 mars 1919 et qui a cessé d’exister en 1990, lorsqu’elle a proclamé sa souveraineté sous le nom de Bachkortostan.

D’où viennent les Bachkirs ? Cette question taraude les historiens depuis longtemps. Elle hante l’histoire de ce peuple d’agriculteurs et d’éleveurs. On se demande s’ils sont arrivés directement de l’Oural ou de la Volga, ou bien s’ils se sont détachés des tribus du Turkestan. En fait, les écrivains arabes du Xème siècle nous parlent des Bachkirs comme d’un peuple habitant une région montagneuse à « vingt-cinq jours de voyage de chez les Bulgares ».

Par ces mêmes auteurs, nous savons, que ce peuple exploitait des minerais de fer et de cuivre, fabriquait de bonnes armes et exportait des fourrures de castor. Il aurait été islamisé par les Bulgares de la Volga. Il était limitrophe des terres où les musulmans venaient camper, en été, avec les mongols de la Horde d’or.

Ses habitants furent donc soumis par les Mongols à la fin du XIIIème siècle et servirent dans leur armée. Au XVème siècle, les Bachkirs passent sous la domination d’autres Mongols, les Tatars de Kazan, puis finalement sous celle des Russes, lorsque Ivan IV dit le Terrible fera la conquête de cette région.

Toutefois, le peuple bachkir résista longtemps et farouchement à l’annexion russe et développèrent leur propre culture. L’Ensemble folklorique national « Bayram » témoigne de cette longue tradition culturelle et de la volonté d’exister de ce pays.

Cette recherche de l’indépendance est ancienne. En 1917, l’assemblée générale des musulmans de Russie réclame l’autonomie des provinces turques musulmanes de l’empire. Il se crée alors un gouvernement bachkir. Ce combat déboucha en 1922 et depuis cette date la Bachkirie est une république calme et prospère.

Le groupe danse et chante cette terre rude faîte de forêts et de grandes exploitations agricoles. De la Volga à l’Oural, les danses témoignent des fêtes des villages, des grands moments de la vie rurale, le tout au son de la « kournai », l’instrument populaire bachkir par excellence. Le groupe s’est forgé un répertoire en puisant dans la réalité de la vie de ce pays et dans la force d’un peuple qui envoya ses meilleurs soldats occuper Paris, en 1814, en costume national et parmi les troupes russes.

Etrange destin, la République du Bachkortostan, avec son Ensemble folklorique « Bayram », monte une fois de plus à l’assaut de l’Europe du sud. Vous ne résisterez pas longtemps, comme il y a deux siècles, à la force de conviction de ce peuple et à la beauté de ses musiques et de ses danses.

Ensemble Folklorique National "Sama"

L’Ensemble folklorique national « Sama » nous vient d’une des îles les plus mystérieuses du monde. Un pays bien curieux qui est tout à la fois un point de convergence de toutes les religions du monde, un lieu de richesses inouïes où les pierres précieuses se ramassent à la pelle, un pays où tous les envoûtements sont au coin de la rue et dont les spectacles mêlent en permanence le mystérieux et le sacré. Un poète anglais a écrit « Sri Lanka est l’île d’après le paradis ».

La légende veut que Adam et Eve, chassés de l’Eden y aient trouvé leur premier refuge. On dit aussi que Simbad le Marin y fit escale et les habitants sont persuadés qu’un Bouddha de quinze mètres de long couché sur la pierre, veillé par son serviteur de huit mètres de haut, est la seule et vraie figuration du prophète vivant. La déesse Civa y aurait fait son nid. Et les Grecs de l’Antiquité crurent y avoir trouvé un havre divin. Quant à Marco POLO, il y aurait entendu          « murmurer les sources du paradis ».

L’Ensemble folklorique national « Sama » n’échappe pas à ces réalités mystérieuses. Ses danseurs sont harnachés de ceintures d’argent, de clochettes et d’attributs de tout ordre qui les font ressembler à des dieux vivants. Les danseuses sont surchargées de bijoux de la tête aux pieds.

Les danseurs sont tout à fait spectaculaires à la limite d’une forme de pantomime moyenâgeuse. Les uns dévorent le feu, d’autres marchent sur des braises, d’autres encore font virevolter des assiettes de porcelaine fine au bout de bambous interminables à des vitesses diaboliques. Ces danses ont un caractère mystique tout en étant fleuries et poétiques dans leur sincérité. Les costumes sont de coton blanc et toujours enrichis de pierres.

Le spectacle s’imprègne d’encens et d’odeurs d’épices qui montent vers les dieux ou cheminent le long des champs de thé et sur les pentes boueuses des rizières.

Pendant ce temps les pêcheurs, le long des plages superbes que bordent les cocotiers, lancent leurs « Katus-Maram » lien avec la mer en cingalais, sur les flots de l’océan Indien où leurs voiles triangulaires ficelées sur des coques, fines comme des lames, chantent l’aventure et piquent le bleu des vagues.

Et quand les tambours se mettront à battre, cette promenade entre mer et cocotiers, entre riz et thé, entre épices et encens, fera d’un rêve une réalité.

L’Ensemble folklorique national « Sama » a porté ce mystère sur tous les continents. Il nous appartient maintenant de le découvrir.

Ensemble Folklorique "Yuan Yuan Dancing Group"

Les traces d’occupation humaine de Taïwan sont anciennes: des restes humains, datés au carbone quatorze, de trente mille ans ont été retrouvés à Taïwan. Vers quatre mille avant notre ère, les ancêtres des populations austronésiennes actuelles arrivent à Taïwan en provenance du sud-est de la Chine. Les cultures austronésiennes se développeront sans interférence extérieure majeure jusqu’à l’arrivée des Européens.

En 1542, une expédition portugaise, en route vers le Japon, aperçut pour la première fois ce gros confetti jeté dans le Pacifique, à cent quatre-vingt kilomètres des côtes chinoises. Face aux falaises luxuriantes qui transperçaient l’azur, les marins ne purent que s’exclamer : « Ilha formosa ! », « la belle île ! ». Une légende qui explique l’origine du nom qu’on donna à cette terre : Formose.

L’île de Taïwan, aux montagnes escarpées et aux végétations tropicales, présente un passé fait de luttes et de révolutions culturelles. Son folklore aborde des thèmes universels. Il allie des influences théâtrales au chant et à la musique Les instruments de musique sont maniés avec art, et les danses fluides sont agrémentées de nombreux accessoires volubiles et de costumes flamboyants.

Le peuple de Taïwan est de nature joyeuse. Son calendrier multiplie les fêtes qui sont sujets de danses, de musiques et de feux d’artifice pendant lesquels s’allument des milliers de lanternes magiques par leurs formes et leurs couleurs.

L’Ensemble folklorique « Yuan Yuan Dancing Group », créé en 1994, chante et danse les traditions les plus originales de l’île. Cette troupe offre un nouvel aspect de la danse taïwanaise et une nouvelle vitalité à la danse traditionnelle

Sa sérénité lui vient probablement de ce qu’elle est composée des meilleurs danseurs ou musiciens de l’île. Quant à la beauté, elle se manifeste à une infinité de détails : les maquillages qui sont un art en Chine, la somptuosité des costumes dont les couleurs, les formes tiennent à la matière même dont ils sont faits, c’est-à-dire de soie pure comme seuls les Chinois savent la tisser. Vous y serez sensibles.

A ces qualités, s’ajoutent la variété du spectacle, les masques, les accessoires, les envols de plumes ou de longues manches dont les artistes dessinent des « arabesques folles ». Si on y ajoute les ombrelles de papier, les chinoises en jouent comme d’un artifice propre à aiguiser la curiosité du spectateur, plus qu’à dissimuler leur beauté.

Par ses danses, ses musiques et ses chants, cette troupe transmet un message d’amour et de paix. Vous y serez sensibles.

Compagnie Nationale des Arts Populaires

Pour de nombreux Européens, la Tunisie a un vrai parfum épicé d’évasion. Mais beaucoup passent à côté des splendeurs de son histoire en ne voyant que les plages. Ce pays est de tout le Maghreb, le plus ouvert sur la mer. Il a assimilé, en trois mille ans d’histoire, toutes les civilisations antiques. Voir l’autre Tunisie, ce n’est pas seulement à travers ruines et vestiges reconstituer un âge d’or échu, c’est aussi saisir dans les coutumes, les musiques et les danses d’une jeune Tunisie indépendante, les signes d’un héritage toujours vivant.

Et c’est bien la démarche de la Compagnie nationale des arts populaires de Tunisie qui dépend du Ministère en charge de la culture. Ce ballet, qui depuis plus de quarante ans parcourt le monde entier, est le véritable conservatoire des arts et traditions populaires de Tunisie.

La troupe présente une succession de tableaux reproduisant des scènes de la vie quotidienne de la Tunisie heureuse à l’instar de ” la danse des pêcheurs “, ” la danse de la terre “, ” la danse des cavaliers “, ” la danse des filles de Gabes “, ” la danse Gougou ” et tant d’autres merveilles chorégraphiques témoins fidèles de la richesse du patrimoine de cette terre.

La troupe nationale démontre ainsi sa grande capacité à résister aux caprices du temps en se renouvelant constamment avec de jeunes talents danseurs, chorégraphes et musiciens grâce à la rigueur et la virtuosité de Imed Amara.

Il faut trouver là l’explication à la richesse du spectacle de la Compagnie nationale qui s’appuie sur cette double origine culturelle pour constituer son répertoire en quelques douze tableaux différents. Les costumes des jeunes filles y trouvent leur originalité et leur richesse : somptueux en rapport avec la richesse des villes marchandes, ou plus humble quand il s’agit des travaux de la terre. Les vêtements les plus originaux sont bien ceux des villes où ils sont encore tissés comme les tapis et les couvertures parmi les plus beaux du monde. La femme accorde la première place aux costumes et aux bijoux qui sont d’or ou d’argent doré, rehaussés de perles fines et sauvages ou de sequins battus en or.

Mais la Tunisie est aussi un pays rural avec des productions de céréales, de fruits dont les dattes. Elle a pu dire qu’elle appartenait à la civilisation de l’olivier, cet arbre symbole de paix mais aussi de richesse, cultivé depuis les romains. La troupe exprime ce deuxième aspect de son pays. Les costumes sont alors plus austères et se ressemblent parfois entre filles et garçons. Les danses sont plus simples mais tout aussi dynamiques, comme il convient à une population habituée à un travail plus rude et plus contraignant que le commerce maritime. Ainsi l’authenticité, sans cesse recherchée, se marie avec l’histoire et le passé du pays. La richesse instrumentale, les chorégraphies très soignées, mais aussi la simplicité de la troupe sont en parfaite harmonie avec un riche passé et les profondes racines d’un peuple.

Ce spectacle nous conduira au cœur de l’âme arabo-musulmane partagée entre la perception de son passé et la nécessaire sensibilité aux temps modernes.

Ensemble Folklorique "Gorytsvit"

L’Ukraine nous envoie sa troupe la plus prestigieuse, « Gorytsvit», de la ville de Lviv. Une cité ouverte au vent de l’histoire.

Ce pays a une identité nationale forte issue de la coexistence de multiples groupes ethniques apportant leurs propres cultures. Environ trois quarts de la population est d’origine ukrainienne, vingt pour cent est d’origine russe. Le reste de la population est composé de minorités : Bélarusses, Moldaves, Tatars de Crimée, Bulgares, Hongrois, Roumains, Polonais, Grecs, Roms ou Hutsules, etc.

L’Ensemble folklorique « Gorytsvit », fondé en 1975 à l’université de médecine de Lviv, exalte l’âme slave qui se plaît à mêler les charmes de la nature, les plaisirs de la vie et aussi cet étrange mélancolie qui lui vient de l’immensité des steppes monotones où le ciel et la terre semblent se fondre dans le même horizon. Cette terre souffre d’une histoire faite de fureur et d’épreuves et de sa fidélité à des valeurs morales, religieuses et culturelles.

Avec ses danseurs, dont les acrobaties prodigieuses semblent tenir de l’irréel, à travers la blondeur des longues tresses des jeunes filles et l’éclatante beauté des costumes, dont les couleurs rehaussent encore la beauté des danseurs, l’Ensemble folklorique « Gorytsvit » est le plus représentatif du pays.

Le répertoire du ballet incarne le meilleur des traditions de l’art musical et chorégraphique ukrainiens. Toutes les pièces chorégraphiques sont servies par un orchestre, un des meilleurs, composé d’instruments à vent, à cordes pincées et d’instruments traditionnels. Les chœurs sont remarquables. Les solistes sont lauréats de concours internationaux et ont été distingués pour leurs voix riches et colorées.

Ce peuple a su rester fidèle à son passé, fidèle à sa religion jusque dans les pires moments du matérialisme, fidèle à la tradition, à une certaine forme de beauté et d’harmonie à laquelle l’âme slave aspire en permanence. Cette troupe infatigable danse d’abord avec son cœur.

Son spectacle, c’est aussi l’image de l’Ukraine. Viennent à la mémoire, les cieux plombés des premières neiges qui font davantage encore ressortir les corsages brodés de fils multicolores des jeunes filles, les fleurs du printemps qu’elles piquent dans leur coiffure d’or, l’aube irisée des matins d’automne et la chaleur orageuse des étés porteurs de blés murs. C’est un voyage inoubliable dans l’âme slave que nous allons entreprendre. Personne n’oubliera ni le charme, ni les couleurs de ce spectacle.

Nous regarderons ce spectacle en ayant en mémoire la haute stature de notre Ami Zénon KOLOBYCH, qui fonda ce ballet et qui nous a quitté il y a quelques mois. Nous avons beaucoup partagé avec lui et il était un ami qui nous a beaucoup appris.

Nous avons voulu lui rendre hommage en invitant son ballet, dont il pouvait être si fier et ainsi continuer son œuvre immense au service de cette terre slave dont il a fait connaître les traditions dans le monde entier. Comme le disait ŠEVČENKO, le poète national, « l’histoire de sa vie est une partie de l’histoire de l’Ukraine ».

© 2019 – Fabriqué par ConRasmia Comunicación